Women's Networking Support Programme
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Association for Progressive Communications
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Depuis Janvier 2009, le projet GenARDIS au Bénin est exécuté par l’ONG Aquaculture et Développement Durable (AquaDeD) au profit de deux groupements de femmes intervenant dans le domaine des pêche et d’aquaculture. Ces groupements (ALLODO de Bopa et WANGNINAN de Agonli) ont bénéficié entre autres de plusieurs séances de vulgarisation des innovations scientifiques et technologiques disponibles sur internet et autres supports informatiques, d’une dotation en téléphones portables avec carte SIM opérationnelle et crédits mensuels forfaitaires de recharge, d’un jeu complet d’ordinateur et d’une formation à l’utilisation et l’entretien du téléphone portable et à l’informatique. Un service téléphonique d’assistance (STA) a été mise en place pour chaque groupement afin de faciliter l’accès de ces femmes productrices vulnérables pour diverses raisons aux informations pertinentes et indispensable à l’amélioration de leur activité. Grâce au STA, chaque membre des groupements a eu la possibilité d’appeler une animatrice locale (précédemment formée à cet effet) de même que le secrétariat de l’ONG AquaDeD pour avoir des informations concernant l’activité du groupement ou pour des raisons personnelles.
À mi-parcours de l’exécution du projet, il est remarquable que les femmes des groupements bénéficiaires s’intéressent aux activités exécutées et on note une amélioration certaine de leurs techniques de production. Elles sont maintenant conscientes des opportunités d’amélioration de leur condition de vie et de travail que pourraient leurs offrir les TICs en général. Grâce à APC et au projet GenARDIS qu’elles louent à travers chants et danses chaque fois qu’on arrive dans leur village, ces femmes jouissent aujourd’hui davantage de leurs activités et sont de plus en plus émancipées et autonomes. Bien qu’elles soient encore majoritairement analphabètes en langue, c’est avec fierté qu’elles le deviennent de moins en moins en informatique. Les TICs de façon certaine apportent de véritables changements dans la vie de ces femmes et favorisent à n’en point douter l’élévation de leur statut social.
Malgré le succès du projet, plusieurs défis ont été identifiés lors de son exécution. Nous avons donc conclu que ces éléments étaient nécessaires à la réussite du projet. D’abord l’amélioration du taux d’alphabétisation des femmes dans les deux groupements est indispensable à l’atteinte des objectifs du projet; l’accès des femmes aux institutions de micro crédit et d’assurance est aussi nécessaire pour l’amélioration et le développement de leurs activités et par conséquent leur autonomisation; les opérateurs de téléphonie mobile au Bénin devraient améliorer leur taux de couverture et la qualité de leur service notamment en milieu rural; l’Etat central devrait exiger la présence de tous les opérateurs GSM, ou au moins deux opérateurs dans chaque localité afin de favoriser la concurrence et donc de donner la possibilité aux utilisateurs de faire un choix; l’entretien des TICs est un défis immense à relever en milieu rural au Bénin afin de favoriser la vulgarisation de l’utilisation des TICs dans ces milieux; en fin, la disponibilité de l’énergie électrique dans tous les foyers (en milieu rural comme urbain) est essentiel pour une meilleure promotion des TICs dans les pays en développement.
Les problèmes liés au genre et aux TIC
Des problèmes liés au genre et aux TICs ont été identifiés durant la mise en œuvre du projet. Il s’agit notamment des problèmes d’ordre socioculturel, traditionnel et éducationnel.
Sur le plan socioculturel:
Il a été remarqué que les femmes utilisent souvent discrètement leur GSM en publique pour éviter les préjugés socioculturelles, alors que les hommes sont fiers de l’exhiber comme une marque de distinction sociale. Bien qu’elles aient généralement le même pouvoir d’achat que les hommes de leur groupement, les femmes du groupement ALLODO ont du mal à prendre leur sous pour acheter un GSM contrairement aux hommes qui investissent facilement dans les GSM et les appareils audio visuel (radio, télévision, lecteur DVD etc.).
À Agonlin, les hommes pensent plutôt que les femmes qui utilisent le GSM pourront commettent plus facilement l’adultère et peuvent mentir facilement à leur époux sur leur position réelle. Le Chef du village quant lui estime que les femmes du groupement peuvent apprendre l’informatique, mais c’est dans son bureau que cela doit rester car leur groupement ne peut pas gérer et entretenir un matériel aussi sensible et important.
Lors de la distribution des GSM au groupement WANGNINAN certaines femmes de ce groupement n’ont pas voulu prendre de GSM car elles ont peur de la réaction de leurs époux qui n’en possèdent pas encore.
Sur le plan pratique, traditionnel et éducationnel
Il a été identifié également un certain nombre de problème d’ordre pratique, traditionnel et éducationnel.
En effet, selon les femmes des groupements, le port du GSM est beaucoup plus facile pour les hommes qui arrivent à le mettre dans la poche de leur pantalon ou veste alors que c’est encombrant pour les femmes qui s’habillent souvent en pagne ou boubou (sans poche généralement).
Aussi, les services clientèle des opérateurs GSM et de maintenance des GSM et autres TICs (ordinateurs, lecteurs DVD, etc.) sont-ils souvent rares dans les milieux ruraux ce qui fait que les femmes ont généralement du mal à accéder à ces services.
Les femmes préfèrent se référer aux hommes qu’aux animatrices pour l’entretien de leurs téléphones portables ou en cas de panne.
Aussi bien dans le groupement ALLODO que WANGNINAN, l’analphabétisme des femmes les contraint à ne pas s’approprier l’ordinateur bien qu’elles sont beaucoup plus motivées à connaître les avantages pratiques de l’ordinateur que les hommes, qui s’en tiennent plus au divertissement.
L’Autorité de Régulation des Télécommunications, qui est une instance dépendante de Bénin Télécom SA, devrait s’activer à supprimer au tout au moins réduire au strict minimum la différence observée dans les coûts de communication en appelant d’un opérateur mobile à un autre ou d’un opérateur mobile vers une ligne fixe et vice versa.
Les coûts souvent élevés des TICs dus à diverse taxes et au mythe qui est entretenu autour de leur utilisation (marque de modernisme ou de richesse) ne favorisent pas la vulgarisation de leur utilisation notamment en milieu rural.
La difficulté de même que le coût d’accès à l’internet ne favorise pas la vulgarisation des innovations scientifiques et technologiques particulière en agriculture dans les milieux ruraux.